affiche_Mississippi_Burningthématique Arts, États et pouvoir

problématique Comment le cinéma révèle-t-il l'engagement d'un artiste

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analyse Murder in Mississippi
analyse 2 Murder in Mississippi
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regard sur la ségrégation aux USA

 

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contexte

« Fervent défenseur des droits civiques et des libertés », Alan Parker milite « au travers de sa caméra contre la peine de mort, contre les ségrégations quelles qu’elles soient ». Le contenu de ses films est souvent très engagé. Ce n'est donc pas étonnant que ce britannique ait raconté l'histoire de ces trois jeunes militants pour les droits civiques, assassinés en 1964. Le cinéma américain de ces années-là se partage entre le film d'auteur, engagé, personnel et le film populaire, à grand spectacle.

Au niveau historique, Le Sud profond n'a pas encore tiré un trait sur la ségrégation et de profondes inégalités persistent. Beaucoup d'assassinats perpétrés par le Klux-Klux-Klan sont demeurés impunis ou leurs auteurs jugés avec une grande indulgence.

 

quelques faits marquants des années 60

13_etats_segregationnistes- 14 novembre 1960, Ruby Bridges est la première enfant noire à entrer Louisiane dans une école blanche
- 1 octobre 1962, James Meredith est le  premier étudiant noir à entrer à l'Université de l'État du Mississippi
- 28 août 1963, dans son célèbre discours « l have a dream » clôturant la marche sur Washington, le pasteur noir Martin Luther King avait prononcé ces paroles : « Je rêve que même l'Etat du Mississippi, un État accablé de la chaleur de l'injustice..., sera un jour transformé en une oasis de liberté et de justice. »
- 15 septembre 1963, explosion d'une église noire à Birmingham (Alabama) 4 jeunes filles meurent
- 22 Novembre 1963, assassinat de John Fitzgerald Kennedy, président américain qui a lutté contre la ségrégation et pour le droit de vote des noirs
- 2 Juillet 1964, signature du Civil Rights Act par le président Lyndon Johnson

analyse rapide de la première séquence du film

- trois parties d'une durée et d'une violence croissantes

analyse_scene_Mississippi_burning.pdf  (doc perso)

fontaines1. fontaines publiques (40'') : plan fixe sur un homme blanc puis un enfant noir qui vont se désaltérer. Il ne se passe rien. Le réalisateur se contente de rappeler les faits dans cette Amérique des années 60.
Musique off : Take my hand, precious Lord (Mahalia Jackson)
Le choix de ce gospel au tempo lent et que le piano accompagne discrètement, nous indique cependant beaucoup de choses : résignation, mélancolie, tristesse et refuge dans la religion.

eglise

 2. église (3'05'') : sans transition, plan fixe sur un bâtiment qui brûle. Il ne se passe rien, la caméra se contente de suivre l'avancée des flammes et c'est en voyant des croix que l'on se rend compte qu'il s'agit d'une modeste église en bois.

Musique off : suite et fin du gospel

 

 

poursuite

3. poursuite et assassinats (5') : toujours sans transition, longue scène nocturne sur une route déserte. Nous sommes en pleine campagne, pas de bruit, pas de lumière, pas de présence humaine, juste une voiture isolée qui roule sur une route étroite et très vallonnée. L'atmosphère est hostile. Les seuls sons que l'on entend sont ceux de la voiture. Les hommes sont fatigués, le passager avant somnole, le passager arrière, l'air tendu, regarde devant lui. 
Brusquement surgissent trois voitures qui roulent très vite, tous feux éteints. L'arrivée de ces voitures est accompagnée d'une bande-son inquiétante qui va accompagner pendant 2'47 cette course-poursuite : un son très grave, sourd, régulier, inexorable sur lequel va se greffer un thème rythmique répétitif, obsédant, oppressant que l'on retrouvera à différentes reprises dans le film. Quelques phrases prononcées à mi-voix traduisent la perplexité puis l'inquiétude des trois militants. L'arrêt de la musique correspond à l'arrêt des voitures. La bande-son reprend avec le premier coup de feu.