wagon_RethondesIl y a un paradoxe étrange : d'un côté, la défaite de l'Allemagne le 11 novembre 1918 et signature de l'armistice dans le wagon de Rethondes (photo ci-contre) et de l'autre une extraordinaire richesse artistique durant les années 20.

Beaucoup des artistes qui vont s'illustrer durant cette période ont fait la guerre et en reviendront traumatisés, hantés par ce qu'ils ont vu et subi. De plus, ils rentrent pour découvrir un pays en ruine, humilié par la défaite et  le traité de Versailles   qui sera plus tard considéré par Hitler comme " un coup de poignard dans le dos " :
- perte de territoires
- réarmement strictement limité
- sanctions économiques et réparations très lourdes à payer

Les conséquences sont rapidement visibles

Hambourg_Barricade_Boulevard_1923

 

- de violents troubles politiques, les communistes essaient de prendre le pouvoir (comme en URSS). Leurs leaders Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht sont assassinés et on assiste à de véritables batailles rangées dans les rues qui font de nombreuses victimes.

(barricade érigée à Hambourg)

 

 

20_md_de_markle pays est à genoux, une profonde crise économique s'installe et provoque chômage, pauvreté extrême, misère et désespoir ;  Une amélioration se dessinera à partir de 1925 mais la crise financière puis économique de 1929 réduira à néant cette embellie.

(billet de 20 milliards de marks avec lequel on ne pouvait pas acheter grand'chose)

Malgré cela, on assiste à Munich, Weimar ou Berlin à la naissance de l'expressionnisme, mouvement artistique qui va toucher tous les arts. Cette extraordinaire vitalité, créativité artistique sera décrétée " art dégénéré " et interdite dès l'avènement du nazisme pour laisser place à un art officiel pompeux et médiocre qui ressemble comme un frère au réalisme socialiste décrété en URSS par Staline.

Otto Dix, qui s'est engagé volontairement, en est revenu victime de cauchemars. Deux dessins qui en témoignent

Dix_blesse

Blessé

Dix_cadavre_dans_les_barbeles

Cadavre dans un barbelé