felix-nussbaumthématique Arts, États et pouvoir

problématique Comment un artiste, à travers son oeuvre, dénonce-t-il la Shoah

ac-grenoble.fr
histoire.presse.fr
mahj.org

Huile sur bois - dimensions 47,2 x 35,1
conservée au Museum of Art de Tel-Aviv - Israël

contexte

Peintre juif allemand dont l'oeuvre est cataloguée par les nazis comme " Art dégénéré ", il est contraint à l'exil et la fuite sans retour. En 1938, à Paris, il participe à l'Exposition L'art allemand libre au moment même où a lieu en Allemagne la Nuit de cristal et l'exposition à sur l'Art dégénéré.

A partir de 1941, peindre est le seul moyen d'expression qui lui reste et qui lui permet de témoigner à travers ses nombreux autoportraits des souffrances et de la disparition programmée du peuple juif.

Cachés à Bruxelles, Nussbaum et sa femme sont dénoncés par un voisin, arrêtés, envoyés à Auschwitz par le dernier convoi et assassinés.

Citation : " Si je meurs, ne laissez pas mes peintures me suivre, mais montrez-les aux hommes ".

Nussbaum_autoportrait_a_la_cle

En mai 1940, il est arrêté par les autorités belges en tant qu'allemand et se retrouve interné  au camp de Saint-Cyprien. Il demande son transfert vers l'Allemagne, en profite pour s'évader et rejoint sa femme à Bruxelles. Ce tableau est le témoin de cet emprisonnement.

analyse

 

cleL'arrière-plan

- les barbelés enchevêtré qui délimitent le camp
- emmêlée dans les barbelés (donc inatteignable) une grosse clé, symbole de liberté. Elle représente l'impuissance du prisonnier
- l'horizon est bouché, sombre et vide : rien n'y est représenté, ni humains, ni animaux, ni plantes...

Le premier plan
- deux personnages, l'un de face, l'un de profil
- l'homme de profil a un regard fatigué et lointain et son visage est totalement inexpressif. Ses cheveux qui ont été rasés commencent à repousser (raser les cheveux des prisonniers était une mesure faite pour humilier et dépersonnaliser).
- l'homme qui nous regarde avec une expression de colère très marquée est Nussbaum : c'est donc un autoportrait.
- Il porte une chemise raide, inconfortable, trop grande pour lui et rapiécée (vêtement de prisonnier ?)

visage

 

- Sur sa tête, un vieux chapeau cabosé et défraîchi
- Le seul signe montrant sa vie d'avant est la manchette - bourgeoise - qui dépasse de son poignet droit
- des rides de rage déforment ses traits
- les veines saillantes que l'on voit sur ses tempes et son front témoignent de son état d'épuisement
- le regard est fixe, les sourcils froncés et le corps tendu
- sa main droite qui se crispe près de son cou est disproportionnée