David_Olere_jeuneThématique : Arts, Etats et pouvoir

Problématique : Comment un artiste exorcise-t-il le traumatisme de la Shoah

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oeuvres à associer   Gazage    Nuit et brouillard
le journal d'Anne Frank   Autoportrait au passeport juif

 dossier : le crime contre l'humanité

 

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Son tort était d’exister, son sort était sans issue. [...]
La seule pièce de son dossier était son acte de naissance.
[...] Le crime contre l’humanité, c’est tuer quelqu’un sous prétexte qu’il est né.»
A. Frossard, Le crime contre l’humanité, Paris, Robert Laffont, 1987

rapide biographie

1902 - nait à Varsovie
1923 - émigre à Paris, fréquente le milieu artistique, travaille comme affichiste et enseigne 
1937 - naturalisé français
1939 - mobilisé
1940 - démobilisé, perd son emploi (statut des Juifs élaboré par le régime de Vichy)
1943 - arrêté et déporté à Auschwitz (membre des Sonderkommando chargés de brûler les corps)
1945 - retour en France, trouve dans le dessin et la peinture le seul moyen de supporter ce qu'il a vécu et d'éviter de sombrer dans la folie. Veut faire de son oeuvre un témoignage afin que l'on n'oublie pas.

Contexte

Pendant les Trente Glorieuses, l'heure est à la reconstruction et la recherche d'une vie agréable, plus facile. La population veut oublier la guerre, le régime de Vichy, la collaboration, la Milice, les rafles et les déportations des juifs.

Personne n'a envie d'écouter les récits des rescapés du génocide.  D'ailleurs, ce qu'il a vécu comme des millions d'autres est inracontable.

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analyse

huile sur toile mesurant 1,31 m sur 1,62 m et conservée au Mémorial de l'Héritage Juif de New York.

lieu représenté : camp d'extermination d'Auschwitz (Pologne)

La famille vient d'arriver d'un convoi juif et a été sélectionnée pour la chambres à gaz : en effet, considérant qu'ils ne pouvaient travailler, les nazis exterminaient vieillards, mères avec enfants, malades dès leur arrivée.
- Au premier plan, au centre et occupant presque toute la toile une famille de six personnes : la grand-mère, la mère avec un bébé et trois enfants. Hagards, visiblement épuisés, maigres, blafards, ils traînent quelques objets : deux sacs et une poupée (symboliquement la tête en bas). Les couleurs sont froides (blanc, gris, vert, bleu).
- Tout à gauche, devant, un bras anonyme, armé d'un fusil leur barre la route : c'est un SS. On le devine droit, raide, inflexible, déterminé et sans pitié. IL représente le Mal absolu, celui qui donne la Mort.
- En arrière-plan, à droite, tout au loin, des déportés travaillent : l'un est battu, un deuxième est étendu au sol comme mort, d'autres poussent un charrette pleine de cadavres vers les fours crématoires dont on aperçoit les cheminées fumantes. Ces fumées forment un double S, rappelant l'identité des bourreaux et répondant à l'insigne identique que l'on voit sur la manche du soldat. Symboliquement, la famille est cernée.
Le ciel est d'un rouge orangé, assez violent (sang = mort)
- À l'arrière-plan, à gauche, on devine une colonne de déportés décharnés, tête rasée
- Au-dessus de la famille flotte un squelette dont les deux bras enserrent doucement les deux femmes pour nous faire comprendre que la mort est leur seule issue.