Anonyme et Antonio Pollaiuolo (1432 - 1498) La Louve Capitoline

 

piece_monnaie

thématique Arts, Etats et pouvoir

problématique Comment l'art, par sa force expressive, cautionne-t-il  un mensonge idéologique

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Louve_tournee_vers_les_jumeaux

buste_romain_Grece

légendes des photos

1. Denier d'argent de Sextus Pompée (vers 137 avant notre ère) : avers - le fleuve Rumon ; revers - sous le figuier, près du berger Faustulus, la louve veillant sur Romulus et Rémus.

2. Sur l'autel de Mars et Vénus d'Ostie (musée du Palazzo Massimo) la louve a la tête tournée vers les gémeaux

3. Sur un buste romain de l'Agora d'Athènes, la louve a aussi la tête tournée vers les gémeaux.

Louve_Capitoline

introduction

- La Louve Capitoline - auteur inconnu - XIè XIIè siècle (entre 1021 et 1153 - Moyen-âge)
- les jumeaux -  Antonio Pollaiuolo (sculpteur, peintre et orfèvre florentin) 15° siècle (Renaissance)
- bronze de  75 cm sur 114 cm conservé actuellement au Musée du Capitole à Rome, en compagnie d'autres chefs d'oeuvres copies ou originaux de l'Antiquité

Contexte artistique

période de renouveau qui se caractérise par la redécouverte de l'Antiquité, considérée comme un modèle

Historique

Cette sculpture représentant la Louve recueillant Romulus et Rémus, est considérée comme la « Mater Romanorum » la mère des Romains. Romulus et Remus sont les fils de Mars, dieu de la guerre, et de Rhéa Silvia, fille de Numitor, roi d’Albe. La légende explique qu'ils ont été abandonnés sur le Tibre par leur grand-oncle Amulius qui craignait qu’ils règnent à sa place une fois adultes. Or le Tibre les a déposés au pied d’un figuier, près d’une grotte où se trouvait une louve qui les recueillit et les nourrit. Cette grotte a été appelée le Lupercal, et le figuier est devenu l’arbre sacré des romains.

Depuis le XVIII° siècle, il était acquis que la sculpture était étrusque et datait du 5° siècle avant JC.

Mais en 2006, la datation au carbone 14 a montré que c'était faux :  la sculpture datait du moyen-âge, rien ne prouvait que c'était une copie d'un bronze étrusque, elle pouvait très bien aussi être une création originale. Cette datation est un choc et les restauratrices qui ont fait la découverte ont eu beaucoup de problèmes pour faire valider leur découverte.
C'est la technique de la « cire perdue », inconnue dans l'Antiquité, qui a mis les chercheurs sur la voie. En effet, les bronzes grecs et romains étaient moulés en plusieurs parties puis assemblés ensuite.

Dans cette technique, on faire un squelette en grillage bourré de matières organiques, puis on recouvre de cire, on modèle, on plâtre en laissant un petit trou, puis on verse le bronze qui chasse la cire et on laisse refroidir. C'est la  paille trouvée à l'intérieur du grillage de la statue creuse qui a permis de faire des analyses.

La Louve a été retrouvée dans le Palais du Latran (désaffecté depuis la période des Papes d'Avignon) par le pape Sixte IV, grand mécène, commanditaire par exemple de la chapelle Sixtine.  C'est lui qui donne plusieurs oeuvres retrouvées dans le Latran désaffecté pour constituer le noyau du musée des Conservateurs sur le Capitole.

Dans les premières années de son arrivée (fin XVe siècle) au Capitole, la statue fut initialement placée sur la Façade du palais, pour être ensuite transportée à l'intérieur, à la faveur des travaux de Michel-Ange.

Au XVIe siècle, Aldrovandi la mentionne "dans une loggia couverte qui regarde vers la partie plane de la ville" (les traces des colonnes de la loggia sont visibles sur le mur entre les deux fenêtres).

Il y a bien eu, sans doute, une Louve  dans la Rome antique : selon Tite-Live, ce sont des édiles en 295 avant J.C qui placèrent les figures de Romulus et de Rémus sous la Louve. Cette image forte, émouvante fut reproduite sur les pièces de monnaie et les statues comme symbole de la Rome éternelle.
De la même manière, la Renaissance a répété, renforcé la légende pour amplifier le sentiment patriotique chez les «Romains».
Plus tard, et pour les mêmes raisons, Mussolini utilisera abondamment cette image  en a faisant faire plusieurs copies destinées à l'usage de cadeaux diplomatiques.
La Louve servira d'emblème aux JO d'été de 1960 qui se sont tenus à Rome.
Le mythe de la Louve a été réutilisé par la ville de Sienne, qui aurait été fondée par l'un des fils de Rémus.
On trouve aussi des Louves en statue à Sienne.

Description

- La louve se tient droite sur ses pattes et tourne la tête à gauche (attitude pleine de fieté et d'assurance)
- Sa  gueule ouverte laisse paraître ses crocs (montre son courage)
- Ses oreilles sont dressées : elle était à l’affût, prête à se battre pour protéger ses " petits "
- Son caractère sauvage est accentué par sa maigreur.
- Entre ses pattes, Romulus et Remus, en bronze également, l'un assis, l'autre accroupi
- Ils sont replets et lèvent leurs têtes pour têter

Symbolisme

- ténacité, force, courage, sentiment de protection