Thématique : Arts, Etats et pouvoir

Problématique : Comment la chanson, aux USA, est-elle devenue le témoin de la contestation  durant les années 60

07_Vietnam_Blues.pdf  (doc perso)
09_tableau_contestation_USA.pdf  (doc perso)
Discours_Martin_Luther_King.pdf  (doc perso)

oeuvres à associer

Mississippi burning    Murder in Mississippi

segregation2JB Lenoir - petite biographie

Très engagé, J.B. Lenoir témoigne dans ses chansons d'une Amérique belliqueuse et raciste. Ses textes sont :
- contre la guerre de Corée (Korea Blues)
- contre la guerre du Vietnam (Vietnam Blues)
- contre les lynchages des noirs fréquents dans le Sud et jamais punis par la loi (Alabama Blues)
Contrairement à Bob Dylan dans Blowin' in the wind, il parle de faits précis que l'on peut dater, que ce soit la situation des noirs américains dans le Sud profond ou les guerres entreprises par les USA à cette période.
- Il meurt prématurément et tragiquement des suites d'un accident de voiture mal soigné (hémorragie interne, les médecins n'ayant segregation1pas pris son cas au sérieux).

le contexte

Alors que les USA connaissent un essor économique sans précédent, que la société de consommation se révèle dans tous ses excès, les années 60 voient monter deux importantes contestations dans la société et plus particulièrement parmi la jeunesse : le refus de la guerre du Vietnam, la lutte pour toutes les libertés et contre la censure (mouvement hippie), la lutte pour les droits civiques des noirs américains.

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Civil_Rights_Act_de_1964
http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9gr%C3%A9gation_raciale_aux_%C3%89tats-Unis
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ku_Klux_Klan
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marches_de_Selma_%C3%A0_Montgomery
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lois_Jim_Crow
http://www.herodote.net/Martin_Luther_King_1929_1968_-synthese-75.php
http://usasegregation.unblog.fr/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Rosa_Parks
http://www.dailymotion.com/video/x833ml_martin-luther-king-i-have-a-dream-s_news?search_algo=2
http://bricabraque.unblog.fr/2008/02/11/la-lutte-pour-les-droits-civiques-en-photographie-episode-1/

03_lynchageanalyse

texte     à la fois chant de révolte et de désespoir qui établit un parallèle entre les morts du Vietnam et ceux du Mississipi dont tout le monde se moque : malgré le vote en 1964 du  Civil_Rights_ Act, les adeptes du KKK continuent les lynchages dans le Sud profond. Impuissant et désarmé face à ce massacre, il se tourne d'abord vers Dieu puis vers le Président en lui demandant de respecter sa parole.

musique

Noter que dans ce blues comme dans tous les blues, le premier vers est répété deux fois : ne pas oublier qu'au départ, le blues était oral, improvisé par un soliste pendant le travail dans les champs et repris par le groupe. IL était donc nécessaire de répéter les paroles afin qu'elles soient bien mémorisées. C'est d'abord l'expression de la détresse et du malheur des esclaves.

soldat_noir- caractère : mélancolique, poignant, désespéré

- rythme syncopé : chaque temps est divisé en trois et on accentue 1 et 3, d'où l'impression de décalage et de balancement.
- tempo : lent
- formation : chant, guitare solo et batterie.
- batterie à la fois présente (pulsation marquée) et discrète qui répète le même rythme avec obstination.
- voix très claire, aiguë, puissante et bien timbrée.

Deux styles de mélodies mettent le texte en valeur :
- une mélodie large, lente, ample, presque criée sur Vietnam, Vietnam avec des silences pendant lesquels la guitare improvise
- une mélodie rapide, presque récitée, chantée piano – sauf le mot Nobody – pour les deux vers suivants
A la fin de chaque vers et entre chaque couplet, improvisation de la guitare

  

Ce contraste exprime le sentiment de J.B. Lenoir qui dénonce l'hypocrisie du pouvoir fédéral incapable de faire respecter les lois qu'il a fait voter.
Pour preuve du non-respect de l'égalité pourtant voulue, les Noirs envoyés au Vietnam étaient majoritairement dans l'infanterie et beaucoup plus exposés que les Blancs.

extrait d'un article tiré du site revel-unice.fr
[...] le gouvernement excluait de la conscription les Blancs issus des milieux bourgeois, ciblant principalement les classes défavorisées. Dès lors, la Guerre du Vietnam devenait la guerre des pauvres et des Noirs, sur-représentés sur le terrain car ils étaient, aussi, sur-représentés au sein des classes défavorisées. Troisièmement, il était plus facile pour les Blancs d’obtenir le statut d’objecteurs de conscience ou d’être réformés pour raisons médicales. Les services de la conscription semblaient avoir été mis en place pour protéger les Blancs des classes moyennes des horreurs de la Guerre du Vietnam. En conséquence, 30% de Noirs furent incorporés contre 18% de Blancs. Dès le début, les pertes furent plus élevées parmi les soldats afro-américains avec 16,3% des tués en 1966 et 23% en 1967.33 Il faut également rappeler la proportion importante de Noirs des centres urbains dans les unités de combat particulièrement exposées où les risques de se faire tuer étaient les plus élevés. D’autre part, il était, sans conteste, beaucoup plus aisé pour les Blancs d’obtenir le statut d’objecteur de conscience que pour les Noirs. Les adeptes de la Nation of Islam, par exemple, se voyaient régulièrement refuser toute dérogation. Enfin, les Blancs parvenaient plus facilement à se faire réformer pour raisons médicales que les membres des communautés noires. citation

Documentaire  réalisé après l'assassinat de Martin Luther King