Boris Vian (1920-1959) La complainte du progrès (1956)

 

07_Vianthématique Arts, ruptures et continuités

problématique Comment un artiste est-il devenu le précurseur de la contestation et de la remise en cause de la société de consommation

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Vian_paroles_Complainte_du_progres

analyse_complainte_du_progres_Vian.pdf  (doc perso)
Complainte_du_progres.pdf
Complainte_du_progres_3.pdf
Complainte_du_progres_4.pdf

oeuvres à associer Death by hamburger et Supermarket Lady

moulinexContexte

- période des " Trente Glorieuses " (1946-1975), marquée par une forte croissance économique, le plein emploi et une amélioration très nette des conditions de vie après la guerre (les tickets de rationnement n'ont été supprimés qu'en 1949).
- le développement des arts ménagers va faciliter la vie des femmes en rendant leur quotidien moins fatigant et moins contraignant (machine à laver, réfrigérateur, aspirateur...) et en leur donnant la possibilité d'accéder à plus de loisirs.
- Mais Boris Vian, ingénieur, poète, écrivain et musicien (il se produit en tant que trompettiste à St Germazin-des-Prés), passionné par les discussions philosophiques et la culture américaine (jazz et roman policier) comprend avant tout le monde et dénonce les risques d'une consommation effrénée dans laquelle la recherche du bonheur passerait par l'acquisition d'objets plus ou moins utiles.
- il va pour cela utiliser la chanson et l'humour, moyens très efficaces de faire passer un message.

quelques remarques

Pourquoi faire une chanson ? (et non un article de journal ou un livre)
- mélodie, rythme, instruments choisis, style caractérisent immédiatement la chanson et permettent, sans que l'on ait besoin d'explications, de sentir l'atmosphère, de comprendre  le point de vue de l'auteur : ici, pas de colère, de rage, de gémissements, de plaintes sur une société qui perdrait ses valeurs et vendrait son âme mais de l'humour, de la dérision, du burlesque, une joie pétillante et espiègle.

Pour l'analyse détaillée du texte, téléchargez les documents ci-dessus

 

Complainte_Lynda_Corazzaillustration de Lynda Corazza

Analyse musicale

- Un orchestre de jazz, un tempo rapide : un choix original qui contredit le titre, une complainte étant normalement triste, plaintive ou même tragique. Ici, le tragique, c'est un amour basé sur la recherche de biens matériels et non sur des sentiments sincères.

- Introduction instrumentale très courte (0'04) dansante, jouée par tous  les vents  et soutenue par la section rythmique

- couplet 1

Beaucoup de souplesse et d'originalité dans l'utilisation de l'orchestre que Boris Vian utilise pour accentuer le burlesque et la satire.
accpt : alternance régulière de la section rythmique qui marque les temps  et de la section mélodique qui ponctue à contretemps.
thème : se détache nettement car la voix est bien timbrée, puissante et très articulée. Le texte doit être parfaitement compris.
" maintenant c'est plus pareil "   contrechant mélodique (flûte et saxophones)
" à l'oreille " arrêt complet de l'orchestre juste après pour mettre en valeur
" Ah ! Gudule ! "  Voix a capella et  rythme libre – la mélodie est remplacée par la voix parlée.  Comme accpt, le piano égrène délicatement quelques accords puis termine avec une petite ritournelle descendante, un peu plaintive juste avant " et je te donnerai "
reprise de l'accpt du début pour l'énumération : contrechant mélodique à la flûte puis en accords très secs aux cuivres ;

Tout le reste de la chanson va suivre ce schéma fait de ralentissements et d'accélérations. Noter la variété et la recherche des contrechants.

Regarder ce montage, très réussi !